A propos de... greffes, pollinisation croisée et autres réjouissances végétales

Vous trouverez dans cette section des informations de toutes sortes pour comprendre ce qu'est un porte-greffe, comment les arbres fructifient, pourquoi on greffe... bref du contenu qui vous éclairera, je l'espère, et vous permettra de choisir ce qui répond le mieux à vos besoins.

A propos des porte-greffes

Les arbres fruitiers sont greffés sur deux types de porte-greffe : la forte vigueur et la moyenne vigueur, une petite vigueur est également proposée pour les pommiers. Le porte-greffe est la base de votre fruitier, il est le système racinaire qui détermine la pousse de votre arbre et donc sa taille adulte, son temps de mise à fruit et la quantité de fruits produite par arbre. Le type de porte-greffe induit de même la distance de plantation qu'il faut respecter entre chaque arbre. Ainsi, la forte vigueur exige un espacement de 8m entre chaque individu, la moyenne vigueur nécessite 5m et la petite vigueur 3m. Attention à bien écarter des mêmes distances les arbres bocagers tels que le chêne, le hêtre, châtaignier etc. que ça soit pour les besoins en croissance mais aussi pour la consommation d'eau, importante chez ces grands arbres. Pour les vergers de plein vent, il est conseillé de planter des arbres de forte vigueur car leur racine pivot leur assure un meilleur ancrage. Pour des jardins plus modestes, la moyenne vigueur conviendra tout à fait. Enfin, pour les tous petits espaces, et si l'exposition au vent n'est pas trop importante, une petite vigueur en pommier s'ajustera à cette réalité.

Petite vigueur (issue de bouture ou marcotte repiquée)

Pommier : M26

Moyenne vigueur (issue de bouture ou marcotte repiquée)

Pommier : M106

Poirier : Cognassier de Provence/BA29

Cerisier : Colt

Nashi : Pyrus Calleryana

Prunier - Abricotier - Pêcher - Amandier : Saint-Julien

Forte vigueur (issue de semis)

Pommier franc de semis , BIttenfelder

Poirier franc de semis, Kirchensaller

Cerisier franc de semis, Merisier

Nashi : poirier franc

Prunier franc de semis, Myrobolan

Pourquoi greffe-t-on ?

Il est tout à fait possible de semer un pépin ou noyau (plus précisément l’amande dans le noyau) pour produire un arbre. En effet, si l’on sème un pépin de pommier on se retrouvera avec un pommier. Mais ce dernier ne portera pas les caractéristiques de l’arbre dont est issu le pépin.

Pourquoi ?

Il y a reproduction sexuée par l’entremise du pollinisateur qui transporte le pollen d’une fleur au pistil d’une autre. Ainsi, les gènes de ce pommier seront le résultat d’un assemblage aléatoire des gènes du père (pollen) et de ceux de la mère (pistil).

Chaque graine a un patrimoine génétique singulier, et il se peut qu’au bout de 10 à 15 ans, le pépin semé génère une variété intéressante mais le plus souvent on assiste à un retour du sauvage.

La greffe est donc une opération de sélection : on choisit une pousse de l'année sur un arbre dont on connaît et apprécie les fruits et on l'assemble à un système racinaire - le porte-greffe - afin d'obtenir la variété attendue.

Pollinisation croisée

Les fruitiers à pépins et à noyaux, sauf exceptions, ont besoin d'un deuxième individu de la même espèce et à la floraison simultanée pour fructifier. Le transport de pollen depuis l'organe mâle de la fleur (étamine) d'un premier arbre vers l'organe femelle (pistil) d'un second est effectué par les pollinisateurs - essentiellement abeilles et bourdons mais parfois également transporté par le vent. Cette stratégie de la Nature permet un brassage, et donc un renouveau génétique permanent. Certains arbres ont toutefois la capacité de s'autopolliniser - c'est à dire que le transport du pollen d'une fleur mâle à la fleur femelle se fait sur le même arbre, on parle alors d'arbre autofertile. Ils seront néanmoins plus productifs grâce à un deuxième individu à la floraison concomitante.